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UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES
12 RUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE
75006 PARIS

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Frédéric Dardel

RÉDACTEUR EN CHEF : Pierre-Yves Clausse

RÉDACTEURS : Jean-Christophe Piot, Pierre-Yves Clausse

CRÉDIT PHOTOS : Université Paris Descartes – Philip Martin – istock2018

CONTRIBUTEURS :
Par ordre d’apparition dans le magazine : Frédéric Dardel, Alain Fischer, Odile Launay, Serge Blisko, Olivier Garraud, Juan Alonso, Marie Veniard, Theodore Alexopoulos, Nathalie Martial-Braz, Samuel Laurent, Claude Forest, Charbel Massaad, Catherine Labbé-Jullié, Brandon Stell, David Janiszek, Gérald Bronner

Présents uniquement dans la version en ligne : Ange Ansour, Didier Pourquery,
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En partenariat avec l’émission La Méthode Scientifique sur France Culture.

CONCEPTION ET RÉALISATION : Caillé associés

UNE IDÉE, UNE QUESTION ? presse@parisdescartes.fr

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Fake news : un enjeu crucial de santé publique

S’il est un domaine où les fausses informations fleurissent avec une vigueur particulière, c’est bien celui de la santé : près de la moitié des fake news qui circulent sur Internet y touchent de près ou de loin. Au point de devenir un problème majeur : lors de ses vœux à l’Ordre des médecins en janvier 2018, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn déclarait que “la bataille contre les fake news est essentielle pour la santé publique” et appelait les médecins à se poser en “ambassadeurs de la science et du rationnel” face à la pensée magique et au retour d’un certain obscurantisme.

Alain Fischer,
Professeur d’immunologie pédiatrique et titulaire de la chaire
de médecine expérimentale au Collège de France.

Odile Launay,
Professeur d’infectiologie à l’Université Paris Descartes et coordinatrice du Centre d’investigation clinique Cochin Pasteur spécialisé en vaccinologie à l’hôpital Cochin.

La santé est un champ particulièrement propice à la diffusion de fausses informations en tous genres. Cristallisant les peurs, touchant à l’intimité de chacun, elle est par excellence un terrain propice à la diffusion de contre-vérités. Certaines “fake”, pourtant bien connues et depuis longtemps démenties, continuent de hanter la toile et les esprits des années plus tard. C’est le cas de la célèbre affaire Wakefield qui agita la communauté scientifique à la fin des années 90. Andrew Wakefield est un médecin et chercheur anglais qui publia en 1998 dans The Lancet (revue scientifique de référence dans le domaine biomédicale) une étude établissant un lien de causalité entre l’inoculation du vaccin rougeole-oreillons-rubéole (vaccin ROR) et ce qu’il a appelé “l’entérocolite autistique”, forme de trouble du spectre autistique. L’affaire fit scandale et fut reprise par les médias du monde entier, diffusant une information erronée auprès du grand public. “Les conséquences de cette étude ont été catastrophiques, déplore Alain Fischer, professeur d’immunologie pédiatrique et titulaire de la chaire de médecine expérimentale au Collège de France. Une grande défiance vis-à-vis de ce vaccin s’est installée en Angleterre entraînant une baisse significative de la couverture vaccinale chez les enfants en âge de le recevoir. Les cas de rougeole, qui reste une maladie potentiellement mortelle, ont connu une forte augmentation à l’issue de cette étude”, poursuit-il. À chaque fois que la couverture vaccinale baisse, cela débouche sur une résurgence des maladies concernées dans la population. La France a d’ailleurs, à son tour, connu une épidémie de rougeole qui a atteint plus de 25 000 personnes entre 2008 et 2015, provoquant plus de 5 000 hospitalisations et une vingtaine de décès pour une maladie qui avait “presque” disparu. Une nouvelle épidémie a été détectée cette année.

Rétablir la vérité : une tâche bien difficile
Face aux affirmations du docteur Wakefield, la communauté scientifique n’a pas manqué de réagir en se penchant sérieusement sur une étude qui révéla rapidement ses incohérences et ses manquements. Des conflits d’intérêts liant le chercheur à un lobby anti-vaccins ont été mis à jour. Mais, il fallut attendre 2010 pour que l’ordre des médecins britanniques rende enfin ses conclusions, confirmant les fraudes intentionnelles de l’auteur, avant que The Lancet ne se rétracte et retire définitivement sa publication. Radié de l’ordre, Wakefield n’est plus autorisé à exercer au Royaume-Uni depuis cette date et a choisi de s’exiler aux États-Unis où il soutient désormais un certain… Donald Trump, anti-vaccins notoire et grand pourvoyeur de fake news en tout genre. “Le problème est que ce genre d’affaire reste longtemps gravé dans l’inconscient collectif”, explique Odile Launay, professeur d’infectiologie à l’Université Paris Descartes et coordinatrice du Centre d’investigation clinique Cochin Pasteur spécialisé en vaccinologie à l’hôpital Cochin : “J’intervenais dernièrement au sujet de la vaccination auprès de lycéens. Alors que ces derniers n’étaient pour la plupart pas nés lorsque l’étude de Wakefield est parue, deux d’entre eux m’ont posé des questions sur le lien entre vaccin et autisme”, constate-t-elle. Une fois lancée dans l’opinion publique, une telle information marque les esprits et il est très difficile de redonner de nouveau confiance à la population notamment aux jeunes parents. En France, nous avons également fait face à une campagne de fausse information concernant un lien supposé entre le vaccin contre l’hépatite B et le développement de la sclérose en plaques. “La littérature scientifique n’a jamais mis ce lien en évidence mais là encore, les répercussions ont été immédiates : le vaccin a longtemps été boudé par une partie de la population”, reprend Alain Fischer. Enfin, des campagnes de vaccination mal menées comme dans le cas de la grippe H1N1 ont fortement contribué à une décrédibilisation des vaccins, pourtant essentiels à la protection des populations.

Des pistes pour répondre à cette défiance
Les pouvoirs publics ont réagi. Depuis le 1er janvier 2018, l’obligation vaccinale s’applique en France pour tout enfant né après cette date et onze vaccins sont désormais obligatoires. “Il s’agissait avant tout de simplifier les choses pour les professionnels de santé comme pour le grand public. Le système précédent était très compliqué entre les vaccins obligatoires, les vaccins recommandés et les vaccins chaudement recommandés, poursuit Odile Launay. Si de nombreuses critiques ont entouré cette mesure avant son application, elles sont désormais très minoritaires et la loi est aujourd’hui appliquée dans de bonnes conditions. Un autre enjeu concerne la formation des professionnels de santé qui doivent pouvoir apporter des réponses claires aux questions légitimes des parents. “L’un des arguments les plus souvent exposés de la part des anti-vaccins est que ces derniers contiennent des adjuvants comme l’aluminium jugés dangereux pour la santé. S’il est vrai qu’ils en contiennent afin de favoriser la réponse immunitaire, la littérature scientifique ne met en évidence aucun effet nocif. C’est le rôle du médecin d’en informer clairement les familles et de les rassurer. Rétablir la confiance envers le corps médical reste le principal vecteur de lutte contre les fake news qui circulent dans le domaine de la santé”, conclut le professeur Fischer.

L’homéopathie : quand la magie se donne des allures scientifiques !

En 1796, un médecin allemand Samuel Hahnemann met au point une nouvelle technique médicale appelée homéopathie, étymologiquement “l’art de soigner par le même”. Sa théorie repose sur des observations qui le conduisent à penser qu’une faible dose de poison pourrait avoir des effets soignants sur une pathologie présentant des symptômes analogues à ceux induits par l’administration d’une forte dose de ce même poison. Pour réduire les effets de ceux-ci, Hahnemann propose de les diluer fortement dans de l’eau. Ainsi naît la dilution CH (pour “Centésimale Hahnemannienne”), unité de mesure toujours en vigueur dans les prescriptions homéopathiques. Problème : les niveaux de dilution préconisés sont tels que dans la majorité des cas, les traitements ne contiennent plus le moindre principe actif. C’est ce que révèlent toutes les études scientifiques menées sur l’homéopathie depuis plus de deux siècles.

Les milieux scientifiques et médicaux s’élèvent contre l’homéopathie.
“Une dilution d’un CH représente une dilution d’un volume de produit dans 99 volumes d’eau. À la cinquième dilution, soit 5 CH, on atteint un produit dilué 10 milliards de fois. Aucune étude sérieuse s’appuyant sur nos outils biostatistiques n’a permis de démontrer que les comprimés homéopathiques ne contenaient autre chose que du sucre”, explique Frédéric Dardel, président de l’Université Paris Descartes. Et cette vérité scientifique se fait de plus en plus entendre. “Aucun effet autre que l’effet placebo n’a pu être démontré”, poursuit-il. Aussi, Agnès Buzyn, à la suite d’un mouvement d’ampleur émanant d’une grande partie de la communauté médicale, a demandé à la Haute Autorité de Santé (HAS) d’évaluer l’efficacité réelle des médicaments homéopathiques en vue d’envisager leur déremboursement par la Sécurité sociale. Une voie qui, à l’heure actuelle, a toutes les chances d’être retenue tant l’homéopathie semble s’apparenter à de la fausse science.

Questions à un expert

Serge Blisko,
Président de la Mission Interministérielle de Vigilance et de Luttes contre les Dérives Sectaires (MIVILUDES).

Alerte aux dérives sectaires dans le domaine de la santé !

Quand a été mise en place la MIVILUDES et quel est son rôle ?
La MIVILUDES est une mission interministérielle créée en 2002 sous l’autorité du Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin. Nous avons pour mission d’observer et d’analyser le phénomène des dérives sectaires mais aussi d’informer le public sur les risques qu’elles représentent et ainsi de coordonner l’action préventive et répressive à ce sujet.

Comment définissez-vous une dérive sectaire ?
Il s’agit d’un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société. Dans le domaine de la santé en particulier, l’offre pléthorique de remèdes ou de pratiques de soins prétendument “magiques” peut conduire des patients à renoncer à la prise en charge médicale, les exposant ainsi à un retard de diagnostic, de traitement avec des conséquences préjudiciables pour la santé physique et mentale.

En quoi les fausses sciences en matière de santé vous préoccupent particulièrement ?
Pour leur dangerosité. Elles apportent des fausses réponses à des individus en situation de fragilité physique et/ou psychologique. Il n’y pas plus vulnérable qu’une personne malade. Un individu souffrant d’un cancer et suivant une chimiothérapie sera plus sensible aux arguments de pseudo-thérapeutes prônant des méthodes dites “naturelles” pour guérir ou désintoxiquer l’organisme par exemple. Ces méthodes ne sont pas toutes dangereuses mais dans certains cas nous avons affaire à de véritables charlatans qui demandent aux malades d’arrêter leur traitement. Internet leur permet de trouver un écho considérable dans le grand public. C’est en cela que nous avons un rôle de protection à jouer auprès de ces personnes en particulier et de la société dans son ensemble.

Notez-vous une croissance de ce phénomène ?
Oui ! Principalement du fait d’Internet et des réseaux sociaux. Le domaine de la santé représente en tout 46% des signalements de dérive sectaire. Le phénomène est en croissance constante depuis 2010. Si Internet pose problème, des méthodes de recrutement plus traditionnelles retiennent également notre attention. Je pense notamment à la multiplication “des salons du bien-être et du développement personnel” qui connaissent un essor significatif ces dernières années. Ce sont des leviers puissants pour la diffusion de fake en tous genres mais aussi pour l’enrôlement de nouveaux adeptes de la part des groupes sectaires.