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UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES
12 RUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE
75006 PARIS

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Frédéric Dardel

RÉDACTEUR EN CHEF : Pierre-Yves Clausse

RÉDACTEURS : Jean-Christophe Piot, Pierre-Yves Clausse

CRÉDIT PHOTOS : Université Paris Descartes – Philip Martin – istock2018

CONTRIBUTEURS :
Par ordre d’apparition dans le magazine : Frédéric Dardel, Alain Fischer, Odile Launay, Serge Blisko, Olivier Garraud, Juan Alonso, Marie Veniard, Theodore Alexopoulos, Nathalie Martial-Braz, Samuel Laurent, Claude Forest, Charbel Massaad, Catherine Labbé-Jullié, Brandon Stell, David Janiszek, Gérald Bronner

Présents uniquement dans la version en ligne : Ange Ansour, Didier Pourquery,
Nicolas Martin

En partenariat avec l’émission La Méthode Scientifique sur France Culture.

CONCEPTION ET RÉALISATION : Caillé associés

UNE IDÉE, UNE QUESTION ? presse@parisdescartes.fr

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Panorama

État des lieux d’un phénomène mondial

La maxime est célèbre : “le bon sens est la chose du monde la mieux partagée.” Mais la première phrase du discours de la méthode (1637) ferait presque oublier l’ironie de René Descartes qui observe avec malice “chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont.” Cinq siècles plus tard, les mots du philosophe prennent une résonance particulière à l’heure où rumeurs, contre-vérités, manipulation, propagande et charlatanisme n’ont jamais été aussi présents, portés par la rapidité et la puissance du web. Lieu de création, d’enseignement et de diffusion des savoirs, le monde universitaire est un acteur de premier plan dans la lutte contre ce phénomène. L’université qui porte le nom du philosophe se devait de présenter et de décrypter un mouvement inquiétant.

Fausse nouvelle, intox, infox, désinformation, fake news, rumeur… Le lexique n’est pas en reste pour désigner un phénomène multiple et complexe. Si l’anglicisme n’a pas sa place dans des textes littéraires ou universitaires, reste que la langue de Shakespeare a le mérite d’être éclairante. Le mot “fake” en anglais désigne une intention délibérée de déformer la vérité dans un but prédéfini. Les fake news ne désignent pas une simple “erreur” de jugement, mais bien une action volontaire, intentionnelle, réalisée avec un objectif précis. Autrement dit, il s’agit là de manipulation : un vieux problème. S’il est aujourd’hui décuplé par Internet et les réseaux sociaux, l’art de manipuler existe depuis toujours.

La rumeur comme arme de guerre
S’il est un domaine où les rumeurs ont toujours été employées, c’est bien la guerre. Au VIe siècle avant notre ère, le général chinois Sun Tzu écrit dans son célébrissime traité L’art de la guerre que “toute guerre est fondée sur la tromperie” – une conviction qu’Ulysse aurait su apprécier au moment d’abandonner un certain cheval de bois sous les murailles de Troie, ruse de guerre typique de la métis, cette ruse de l’intelligence qui distingue la force brute de Hadès de la stratégie maligne et patiente d’Athéna. Méthodes et moyens ont évolué, mais l’intox comme moyen de duper l’adversaire reste une stratégie majeure de nos services de renseignements. Si les fausses informations servent à tromper l’adversaire, elles peuvent aussi être utilisées pour manipuler l’opinion et justifier la guerre. Ce fut le cas en 2003 lorsque Colin Powell, alors secrétaire d’État américain, affirma fiole en main devant les Nations Unies que le gouvernement américain détenait des preuves irréfutables selon lesquelles l’Irak disposait d’armes de destruction massive, avec les conséquences que nous connaissons. Dix ans plus tard, ce dernier avouera regretter sa déclaration et avoir été dupé par des documents falsifiés par la CIA. Le mal était fait : la propagande américaine se solda par une guerre meurtrière, doublée de la déstabilisation durable de cette partie du monde.

De la rumeur à la propagande
Cousine de la rumeur, la propagande est une arme politique connue de tout temps. L’étymologie latine du mot ne laisse aucun doute sur son ambition : propaganda en latin signifie “ce qui doit être propagé”. Souvent épaulée par la censure, elle a connu son heure de gloire au XXe siècle dans tous les régimes fascistes. Durant le IIIe Reich, Hitler créa ainsi un Bureau de la propagande, confié à Joseph Goebbels. Désinformer pour mieux régner, tel est le credo de tout régime autoritaire. Les techniques les plus élaborées y sont employées pour s’assurer l’ascendant sur les consciences et prendre ou conserver le pouvoir. La propagande repose sur une équation simple : proposer une solution biaisée, simpliste et fausse à un problème complexe. Faire de ces individus exposés un groupe devient un jeu d’enfant si ces derniers adhèrent tous à la même doctrine. Et la meilleure façon d’y parvenir est de
faire croire à chacun qu’il peut accéder à une vérité jusque-là interdite ou cachée. Ainsi naissent les théories du complot.

La fausse information scientifique est le nouveau terrain de jeu des complotistes de tous bords.

Aux théories du complot
De l’assassinat de Kennedy aux tristement célèbres Protocoles des sages de Sion, célèbre faux censé dénoncer un complot mondial juif, de la zone 51 aux chems trails, ces traînées de réacteurs d’avion censées répandre des drogues dans l’atmosphère, toutes partagent une promesse commune : ouvrir les yeux du grand public en lui présentant un événement donné comme le produit de l’action d’un groupe occulte qui agit dans l’ombre : financiers, armée, extra-terrestres du Majestic 12, multinationales du “groupe Bilderberg”… Il ne s’agit pas d’une simple rumeur mais d’un système plus complexe, fondé sur un récit plus ou moins cohérent prouvant l’existence d’un groupe caché dirigeant la planète en fonction de ses intérêts propres. Elles relèvent toutes d’une vision du monde manichéenne. Le bien – la masse soumise – et le mal – le groupe ou la puissance occulte concernée. On parle ainsi de conspirationnisme. La conspiration étant celle, selon les théories, des francs-maçons, des Illuminati… et régulièrement des États-Unis ou d’Israël. Du point de vue de la sociologie, les théories du complot présentent toutes la même caractéristique : elles échappent à toute possibilité de réfutation. Car en effet toute démonstration rigoureuse, visant à apporter la preuve qu’aucun complot n’est à l’œuvre, est immédiatement interprétée comme un nouveau complot visant à tromper le complotiste – la série X-Files, star d’une pop culture qui s’est toujours régalée de ces théories, reflète parfaitement cette structure qui ajoute sans cesse de nouvelles couches et de nouveaux coups de théâtre à sa théorie originelle, au motif qu’un complot peut toujours en cacher un autre, Mulder et Scully n’étant jamais au bout de leurs peines. Si la fiction était seule concernée, le problème ne se poserait pas. Mais dans le monde réel, le risque d’un scepticisme généralisé fait peser une sérieuse menace sur nos sociétés. Que faire lorsque toutes les informations émanant des médias ou des pouvoirs publics se retrouvent structurellement discréditées ? Comment réagir quand toute forme d’autorité est contestée ? À cet égard, les sciences, par l’effort d’apprentissage qu’elles exigent pour être comprises, sont l’un des domaines les plus touchés par les théories du complot.

À la fausse science
La fausse information scientifique est le nouveau terrain de jeu des complotistes de tous bords. Elle touche à tous les domaines possibles depuis les platistes (une étude menée par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch en décembre 2017 révélait que 9% des Français estiment qu’il est possible que la Terre soit plate) aux anti-vaccins en passant par les défenseurs de la mémoire de l’eau. La défiance des concitoyens à l’égard de la science est de plus en plus grande comme le signalait la députée européenne Françoise Grossetête dans La Tribune le 5 novembre dernier : “L’esprit critique s’efface sous le torrent de boue de la désinformation. Le pathos l’emporte sur le logos, l’émotion sur la raison, c’est la tyrannie de l’ignorance”, s’emporte-t-elle. Une ignorance qui touche toutes les couches de la population, y compris les décideurs. Cela tient en grande partie à notre système éducatif comme le rappelle Frédéric Dardel, Président de l’Université Paris Descartes : “Nos élites sont trop peu formées à la science. C’est très dommageable pour l’ensemble de la société. Tout notre système éducatif devrait être repensé pour donner à chaque individu un niveau scientifique minimum lui permettant de comprendre l’environnement dans lequel il évolue et accessoirement d’exercer sa citoyenneté dans de bonnes conditions sans se laisser avoir par tel ou tel groupe obscurantiste.” Vaste programme.