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UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES
12 RUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE
75006 PARIS

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Frédéric Dardel

RÉDACTEUR EN CHEF : Pierre-Yves Clausse

RÉDACTEURS : Jean-Christophe Piot, Pierre-Yves Clausse

CRÉDIT PHOTOS : Université Paris Descartes – Philip Martin – istock2018

CONTRIBUTEURS :
Par ordre d’apparition dans le magazine : Frédéric Dardel, Alain Fischer, Odile Launay, Serge Blisko, Olivier Garraud, Juan Alonso, Marie Veniard, Theodore Alexopoulos, Nathalie Martial-Braz, Samuel Laurent, Claude Forest, Charbel Massaad, Catherine Labbé-Jullié, Brandon Stell, David Janiszek, Gérald Bronner

Présents uniquement dans la version en ligne : Ange Ansour, Didier Pourquery,
Nicolas Martin

En partenariat avec l’émission La Méthode Scientifique sur France Culture.

CONCEPTION ET RÉALISATION : Caillé associés

UNE IDÉE, UNE QUESTION ? presse@parisdescartes.fr

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Défi Biomédical

L’intégrité comme garante : de la bonne conduite de la science

En une de son édition du 20 juillet 2018, Le Monde lançait une alerte au “business” de la fausse science. Associé à une vingtaine de médias internationaux, le quotidien français a effectué une enquête de grande ampleur soulignant des dérives inquiétantes au sein même de la communauté scientifique internationale. Quel regard porter sur ces dérives ? Quelles solutions sont à envisager ? Décryptage du phénomène et éléments de réponses.

Dans son rapport sur “La position scientifique de la France dans le monde entre 2000 et 2015”, le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES) donne de précieuses indications quant à la quantité d’articles scientifiques publiés à l’échelle internationale. Multipliée par deux depuis le début du siècle, la production scientifique internationale atteignait les 1,8 million d’articles publiés en 2015. Durant la même période, le nombre de publications scientifiques émanant d’équipes françaises a augmenté de 40%, tandis que le pays est passé du cinquième au septième rang de plus grand producteur mondial, avec environ 60 000 articles publiés par les chercheurs des universités et des organismes de recherche publics français, soit 3% de la production mondiale (cette baisse quantitative ne marque pas une baisse qualitative). Face à cette immense compétition au sein de l’hexagone et à l’échelle internationale, la tentation d’interférer sur des résultats de recherche ou de les montrer sous leur meilleur jour, est connue de bien des chercheurs.

La tentation du chercheur…
Dans un chapitre de livre publié dans la revue Éthique biomédicale et normes juridiques intitulé Autour de l’intégrité scientifique, la loyauté et la probité aspects cliniques, éthiques et juridiques, Claude Forest, chercheur en biochimie et biologie moléculaire (Inserm et Université Paris Descartes) définit ce qu’il qualifie de “tentation du chercheur” et “présente quelques réflexions sur la façon dont le système actuel d’évaluation de la recherche, couplé à la faiblesse de la nature humaine, peut conduire à une altération de l’intégrité scientifique. Même si tous n’y succombent pas, les chercheurs sont soumis à la tentation…” prévient-il. Parmi ces causes, la grande difficulté à accéder à des revues scientifiques présentant un fort Facteur d’Impact ou FI. Cet indicateur estime indirectement la visibilité d’une revue scientifique. Dans ce contexte permanent de compétition internationale et de recherche de financement et d’avancement de carrière, “la notoriété du journal dans lequel le chercheur publie ses résultats est plus importante que le contenu des articles et la qualité de ces mêmes résultats. (…) L’obtention d’un poste, d’une promotion ou d’un contrat permettant à l’individu de poursuivre son activité dans de bonnes conditions est très fortement liée à la renommée des revues (ou FI) dans lesquelles il publie les résultats de ses recherches alors que les organismes de recherche viennent de signer la déclaration de San Francisco.” Cette dernière précise que le FI des journaux scientifiques ne doit plus être utilisé pour évaluer la qualité d’un article, d’un individu ou d’un contrat de recherche mais cette idée n’est toujours pas mise en œuvre dans les commissions scientifiques. À titre d’exemple, un article de très grande qualité publié dans un journal spécialisé, peut ne pas être cité car peu de scientifiques le liront du fait de sa trop grande spécialisation. En conséquence, le FI de la revue sera faible. La prise en compte uniquement de celui-ci crée donc un biais majeur dans la considération portée à l’article. De plus, bien qu’assignés tous au même FI, il est impossible de prétendre que des articles d’une même revue soient comparables ou de qualité égale. Il existe donc une forte pression pour publier dans les journaux à “fort impact” mais ces derniers ont des exigences élevées en matière de quantité et de qualité des données, qui, par ailleurs, doivent constituer une “histoire” originale, cohérente et “alléchante”. C’est là qu’intervient la tentation.

Il existe une forte pression pour publier dans les journaux à “fort impact” mais ces derniers ont des exigences élevées en matière de quantité et de qualité des données.

Appuyée sur son intime conviction !
Pour autant, les cas de fraudes réelles, d’une ampleur et d’une tromperie comparables à celle de Wakefield (cf Défi sanitaire – page 8) sont très rares. Il s’agit plus souvent pour les chercheurs de présenter leurs résultats sous leur meilleur jour ou de façon incomplète… “La littérature foisonne de cas de surinterprétation de résultats. Les articles présentant cette particularité sont en règle générale, là encore, le fait de scientifiques qui créent l’opinion, ayant de l’influence et doués en communication. Il s’agit là d’une espèce de sport. “J’ai bien vendu mes résultats non ?” peut-on parfois entendre de la part de collègues, alors que l’analyse objective des données ne permet pas de tirer les conclusions que l’auteur tire des expériences. “Ici de nouveau, tout dépend du processus d’expertise des données effectué par les pairs”, poursuit Claude Forest. Et d’une certaine manière, n’est-il pas légitime de chercher à bien “vendre” ses résultats de recherches quand ils sont le fruit d’années de travail acharné basé sur une intime conviction du chercheur ? “Sans intime conviction, aucune recherche scientifique n’est possible”, rappelle Charbel Massaad, directeur de la faculté des sciences fondamentales et biomédicales de l’Université Paris Descartes. “Pour autant, si cette intime conviction nous guide, elle peut aussi favoriser les biais dans la présentation des résultats de recherche”, poursuit-il. La vraie zone grise se situant dans l’omission de résultats qui ne “collent” pas à l’hypothèse de travail. “Plusieurs possibilités existent allant de l’élimination d’une série de résultats, obtenus indépendamment d’autres, et qui ajoutés au reste feraient une histoire non lissée (…) à la suppression de données dérangeantes, c’est-à-dire faisant passer les résultats du côté non statistiquement significatif, ce qui apparaît plus condamnable car les conclusions de l’article peuvent facilement être changées par ce biais”, poursuit Claude Forest.

Un code de conduite européen
Un code de conduite européen pour l’intégrité en recherche a été édité par les académies européennes. Il édicte les quatre principes fondamentaux d’une recherche intègre qui sont “la fiabilité et l’honnêteté dans la conduite de la recherche, le respect et la responsabilité vis-à-vis des partenaires et de la société.” Ce même code rappelle par ailleurs que la responsabilité de la mise en œuvre de ces principes revient autant aux chercheurs qu’aux opérateurs de recherche qui les emploient et les financent. Aussi, suite au rapport Corvol, chaque opérateur, dont les universités et les organismes de recherche, a désigné un “référent à l’intégrité scientifique”. Ceux-ci sont en charge du traitement des signalements de manquement à l’intégrité scientifique et, à l’image des chercheurs, travaillent en collaboration les uns avec les autres dans les différents établissements dont ils dépendent. “Quand nous sommes alertés sur des manquements à l’intégrité scientifique de certains collègues, nous menons une enquête en étudiant notamment la méthodologie suivie par le chercheur concerné, ainsi que ses résultats, explique Catherine Labbé-Jullié, référente intégrité scientifique de l’Université Paris Descartes. Dans une immense majorité des cas, les affaires ne prêtent pas à conséquence car ne relèvent pas d’une véritable fraude mais plutôt d’une insuffisance de rigueur dans la collecte, le traitement ou la présentation des données, l’oubli ou l’ajout d’auteur dans une publication. Les cas graves (plagiat, malversation avérée, conflit d’intérêts) sont rarissimes.” Un guide de traitement des signalements relatifs à l’intégrité scientifique est en voie de finalisation et doit permettre à l’ensemble des référents “intégrité scientifique” au sein des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche, de suivre une même procédure lors du signalement d’une méconduite scientifique.

DÉCOUVREZ L’INTERVIEW DE NICOLAS MARTIN,
JOURNALISTE ANIMATEUR DE L’EMISSION LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE SUR FRANCE CULTURE.

Trois questions, un expert

Brandon Stell,
Fondateur du site internet PubPeer

Décrié par certains, encensé par d’autres, PubPeer est au centre de l’attention des chercheurs. Nous avons rencontré Brandon Stell, le fondateur de ce site qui a accepté de répondre à nos questions.

Quand et pourquoi avez-vous créé ce site internet ?
Nous avons lancé PubPeer en 2012 avec pour idée d’offrir à la communauté un site internet via lequel il est possible d’échanger autour des publications scientifiques. Il s’agit d’un “journal-club” en ligne. Je trouvais intéressant que tout chercheur puisse partager immédiatement et mondialement son avis d’expert et ainsi contribuer à la clarification et à l’avancée rapide des idées.

Quelle croissance a connu PubPeer depuis son lancement ?
Confidentiel au moment de sa sortie, le site a beaucoup évolué et a connu une forte croissance de sa fréquentation. À l’heure actuelle, plus de 112 000 commentaires ont été postés sur plus de 65 000 publications. Le site est consulté en moyenne 300 000 fois par mois par environ 25 000 visiteurs uniques. Au fil du temps, les “preprint” sont de plus en plus disponibles sur la plateforme et de plus en plus consultés et discutés.

L’un des principaux reproches effectués à PubPeer est l’anonymat des commentaires. Y voyez-vous une limite à son fonctionnement ?C’est une question centrale autour de ce site. Quand nous avons lancé PubPeer, les utilisateurs devaient s’inscrire mais pouvaient commenter sous des pseudonymes, ce qui les aurait exposés dans le cas où le site serait piraté ou en cas de poursuites judiciaires. Nous avons ensuite permis l’anonymat contrôlé par l’utilisateur parce que nous avons compris que, sans cette protection, beaucoup d’entre eux n’osaient pas discuter des problèmes les plus sévères. En garde-fou, nous imposons que tous les commentaires restent factuels, scientifiques, polis et soient de nature vérifiable ou falsifiable par autrui – l’ouï-dire est donc formellement interdit. Les auteurs des articles sont encouragés à répondre directement sur le site. Malgré des failles théoriques dans ce dispositif fait de compromis, dans la pratique la précision des commentaires reste excellente.