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UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES
12 RUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE
75006 PARIS

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Frédéric Dardel

RÉDACTEUR EN CHEF : Pierre-Yves Clausse

RÉDACTEURS : Jean-Christophe Piot, Pierre-Yves Clausse

CRÉDIT PHOTOS : Université Paris Descartes – Philip Martin – istock2018

CONTRIBUTEURS :
Par ordre d’apparition dans le magazine : Michèle Rivière, François Goffinet, Élie Azria, Arlette Streri, Sylvain Missonnier, Lydia Morlet-Haïdara, Marie Mesnil, Clémentine Lequillerier, Yves Ville, Julie Steffann, Frédéric Bizard

CONCEPTION ET RÉALISATION : Caillé associés

UNE IDÉE, UNE QUESTION ? presse@parisdescartes.fr

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Défi humain

Le nouveau-né : cet être de sens et de perception !

Arlette Streri,
Professeur de psychologie du développement de l’enfant à l’Université Paris Descartes.

Les capacités perceptives et cognitives des nouveau-nés, durant les toutes premières heures après la naissance, ont longtemps été délaissées des champs d’investigation scientifique. Considérés à tort comme purement passifs et incapables d’appréhender leur monde environnant, il a fallu attendre les années 1970 pour que les scientifiques commencent à accorder aux nourrissons le plein pouvoir de leur sens et de leur cognition. Depuis 2007, des équipes du laboratoire de psychologie de la perception (Université Paris Descartes-CNRS) animent le labo bébé. Leurs recherches visent à comprendre comment l’enfant interagit avec son environnement et ont démontré la réalité de ses capacités de perception, d’action, de langage et de compréhension du monde (physique et social) qui l’entoure.

Pourquoi étudier une population âgée de quelques heures à peine ? “Pour au moins deux raisons essentielles, répond Arlette Streri, professeur de psychologie du développement de l’enfant à l’Université Paris Descartes. La première, parce qu’il s’agit de saisir les moyens initiaux dont dispose le nouveau-né pour appréhender notre monde. Ainsi, plus on est proche de sa naissance, plus on estime que le milieu extra-utérin a eu encore peu d’effets sur ces moyens. La seconde, parce que le nouveau-né poursuit sa maturation nerveuse et apprend simultanément beaucoup de choses de son environnement, même en quelques semaines”, poursuit-elle. En effet, la rapidité d’apprentissage du très jeune nourrisson est spectaculaire et sans commune mesure comparée à celle de l’enfant d’âge préscolaire ou scolaire. Jamais le cerveau ne connaîtra une capacité d’apprentissage aussi rapide et importante à un autre âge de la vie.

Les premières heures de la vie : une étape clé et transitoire du développement humain
“Les nouveau-nés représentent une population très particulière, en transition entre deux états, l’état fœtal et l’état néonatal”, explique Arlette Streri. Ils prolongent leur développement sensoriel et neuronal débuté in utero neuf mois auparavant. Certaines acquisitions commencées dès le stade fœtal vont se poursuivre après la naissance. Il existe ainsi une continuité transnatale incontestable. Le nouveau-né n’est pas une “page blanche” ou “tabula rasa” puisqu’il est déjà imprégné in utero de stimulations sensorielles multiples lui parvenant de l’extérieur. Il y répond à sa manière et s’autostimule également. “Mais il lui manque un sens fondamental, celui de voir la lumière du jour, les objets, les visages, l’environnement externe. Sa naissance va transformer son savoir initial. Les sons ne sont plus déformés par la paroi utérine, les odeurs et les saveurs ne sont plus mélangées au liquide amniotique, il peut toucher autre chose que la paroi utérine, son corps ou le cordon ombilical, la lumière éclaire son visage, les objets et les individus lui apparaissent pour la première fois”, poursuit-elle. Ainsi, la naissance n’est pas le début de la vie, mais le commencement de quelque chose d’inédit. Elle est ce moment où tout se transforme, où le nouveau-né débute l’apprentissage d’un monde complexe, notre monde, celui des adultes.

Le cerveau du nouveau-né : les structures initiales du cerveau adulte
Pour appréhender ce nouveau monde, qui advient à la naissance, le nouveau-né dispose de capacités cognitives parfaitement adaptées à ce défi. De ce fait, il serait erroné de considérer le cerveau d’un nouveau-né comme fondamentalement différent de celui d’un adulte, bien que beaucoup de structures se développent indépendamment les unes des autres, à des vitesses et des moments différents tout en intégrant les données du milieu extérieur (physique, social…) à ce long développement. “Récemment, une étude menée par les professeurs Dehaene-Lambertz et Spelke en 2015 a proposé une continuité entre l’architecture neuronale adulte et celle du nouveau-né. Ces structures initiales sont les fondements du cerveau adulte”, commente le professeur Streri. Ce qui fait qu’à la naissance, le nouveau-né est un être doué d’un appareil sensoriel extrêmement performant. Cas particulier : le sens de la vue. La vision est la seule modalité sensorielle que le nouveau-né n’appréhendera qu’à la naissance. À la question récurrente : le nouveau-né voit-il ? La réponse d’Arlette Streri est sans ambiguïté : “Oui, le nouveau-né voit dès la naissance. Son acuité visuelle se développera au fur et à mesure mais il n’en demeure pas moins capable d’appréhender le monde environnant par la vision, comme en témoigne son attrait particulier pour les visages humains.”

Un attrait pour le visage humain dès les premières minutes de la vie
Les chercheurs Goren, Sarty et Wu ont étudié en 1975 cet attrait pour le visage humain chez les nouveau-nés âgés de quelques minutes à peine afin de déterminer si cette préférence était, sinon innée, du moins présente à la naissance. Le personnel médical portait même des masques pour réaliser cette expérience ! Ils ont utilisé le réflexe de poursuite visuelle pour savoir quelle cible allait déclencher le suivi du regard le plus long. “Trois cibles étaient présentées aux nouveau-nés, le schéma d’un visage humain, un schéma “bouleversé” dans lequel les éléments du visage étaient présentés de manière désordonnée et enfin une cible blanche. On notait le moment où les nouveau-nés décrochaient leur regard de la cible. Dans cette expérience, les nouveau-nés (âgés de neuf minutes en moyenne !) poursuivaient le schéma de visage le plus longtemps tandis que la cible vierge était peu suivie”, commente Arlette Streri. Ainsi, l’intérêt pour la représentation du visage humain ne devrait rien aux apprentissages, il serait inné ou tout au moins présent à la naissance.

Perception du monde environnant et perception de soi
Pour autant, l’ensemble de ses capacités sensorielles lui donne-t-elle la possibilité de se percevoir en tant qu’entité propre et de se différencier d’autrui ? “C’est l’une des questions à laquelle nous n’avons que peu d’éléments de réponse”, témoigne Arlette Streri. Plusieurs observations permettent cependant de penser que le nouveau-né “se considère” comme différent du monde qui l’entoure. “Pour se percevoir comme différent de l’autre, il faut posséder un schéma corporel, c’est-à-dire une perception de son corps grâce à des informations proprioceptives et kinesthésiques qui renseignent l’individu sur ses propres mouvements”, commente-elle. En cherchant à savoir si le nouveau-né pouvait différencier une stimulation comme provenant de lui-même d’une stimulation extérieure, des observations ont montré que parmi les conduites dirigées vers leurs corps, les nouveau-nés montrent un comportement robuste qui est de porter leurs mains au contact de leur visage et leur bouche. “Or, il apparaît que lorsque la main du nouveau-né entre en contact avec sa bouche (stimulation de soi), ce contact n’est jamais suivi du réflexe d’orientation ou de fouissement tandis que ce réflexe est déclenché lorsqu’il s’agit d’une stimulation externe réalisée par une autre personne ou un autre objet. Ces résultats tendent à démontrer que le nouveau-né aurait une connaissance de lui-même dans les premières heures de la vie”, poursuit-elle.

Le nouveau-né : ce philosophe méconnu !
L’observation et les études menées sur les nouveau-nés ont apporté certaines réponses à des questions philosophiques vieilles de plusieurs siècles. À la célèbre question de Molyneux “faut-il toucher pour voir ?”, l’observation a montré que, dans des conditions expérimentales bien définies (Streri et Gentaz, 2003 et 2004 ; Sann et Streri, 2007) les nouveau-nés regardaient beaucoup plus longtemps la forme d’un objet qu’il n’avait jamais manipulé auparavant, attestant ainsi du phénomène de transfert entre le sens du toucher et celui de la vue. De même, les nourrissons auraient le sens du nombre, de l’espace et du temps. “L’espace, le temps et les quantités sont reliés à la fois dans le monde et dans l’esprit humain, mais comment ces connections viennent-elles à l’esprit ? Apprend-t-on à relier ces concepts grâce à nos expériences sensorielles en observant leurs corrélations dans le monde qui nous entoure ou bien notre esprit permet-il d’emblée de les appréhender naturellement dès notre naissance ?”, poursuit Arlette Streri. Une étude menée en collaboration avec Lola de Hevia a permis de montrer que, seulement quelques heures après leur naissance, les êtres humains sont déjà sensibles à la structure commune du temps, de l’espace et de la quantité, confortant ainsi certaines théories philosophiques comme celles de Kant. Reste à savoir si d’autres dimensions quantitatives (luminosité, sonorité…) sont concernées et à déterminer les bases cérébrales de ces prédispositions… Les nouveau-nés sont loin d’avoir révélé tous leurs secrets.

Trois questions, un expert

Sylvain Missonnier, professeur de psychologie clinique de la périnatalité et de la première enfance à l’Institut de psychologie de l’université Paris Descartes.

“Toute naissance est une crise potentielle”

Professeur de psychologie clinique de la périnatalité et de la première enfance à l’Institut de psychologie de l’Université Paris Descartes, Sylvain Missonnier insiste sur l’importance de bien mesurer la révolution que sont la grossesse et la naissance d’un enfant. Que change l’arrivée d’un enfant dans un couple ?
Devenir parent, c’est une inquiétude. Le fait que l’arrivée d’un enfant soit unanimement considérée comme un moment heureux a tendance à banaliser un événement majeur qui modifie profondément l’équilibre d’un couple et ouvre une phase transitoire, en attente d’un nouvel équilibre. C’est bien pour cette raison que ne s’intéresser à la triade père-mère-enfant qu’à partir de la naissance du nourrisson serait une erreur fondamentale : les bouleversements qu’implique son arrivée commencent dès les premiers jours de la grossesse. D’où l’importance d’une consultation thérapeutique périnatale et d’un suivi interdisciplinaire, avant comme après la naissance. Pour qu’un bébé se sente bien, il faut tout un village…

Peut-on apprendre à devenir parents ?
Il est en tout cas essentiel de s’y préparer. L’arrivée d’un enfant soulève des milliers de questions sur lesquelles tout le monde exprime d’ailleurs son avis dans l’entourage familial ou amical : allaiter ou non, être présent ou non lors de l’accouchement pour le père… Le fait que la parentalité se construit n’est pas une évidence pour tout le monde. Or, il n’existe pas beaucoup d’espaces pensés pour préparer les couples à cette folie qui consiste à fabriquer un nouvel être humain et à s’engager dans une maturation autour de cet événement. Dans les groupes de pères que j’anime, il est frappant de constater que les réflexions des uns et des autres font surgir des questions, permettent de remettre en cause des postures ou des discours tout faits.

Il est essentiel de se préparer à devenir parents

Lesquels ?
L’idéalisation de la femme enceinte, nécessairement heureuse, en est un, comme l’idée toujours très répandue que les pères n’ont pas vraiment leur place dans tout ça, que leur rôle ne commence que plus tard… Toute une série de clichés entretenus à la machine à café et qu’il est important de déconstruire, comme il est essentiel de rompre avec l’idée qu’un nourrisson ne se résume pas à un tube digestif mais qu’il a très tôt sa personnalité propre, qu’il cumule une extrême fragilité et une créativité exceptionnelle et précoce, qui s’exprime de manière totalement différente d’un enfant à l’autre. Il n’y en a pas deux pareils…

MASTER PSYCHOLOGIE – SPÉCIALITÉ PSYCHOLOGIE COGNITIVE FONDAMENTALE ET APPLIQUÉE

La formation permet d’acquérir des connaissances théoriques sur les principales fonctions cognitives et de solides compétences méthodologiques, statistiques et techniques. Une formation aux nouvelles technologies de recherche, outils innovants au cœur de l’évolution sociétale, est offerte par une mise en application directe sur les plateformes d’enregistrement du comportement humain dans les laboratoires. Une telle formation constitue un socle indispensable à la mise en place d’une démarche expérimentale appropriée à toute recherche fondamentale ou appliquée nécessitant l’analyse du comportement humain. Ce diplôme permet l’obtention du titre de psychologue pour les étudiants titulaires d’une licence de psychologie.